Conférences

Nouvelle conférence

de J-Marie VIGOUREUX :

Mardi 26 mai

Reportée (Covid 19)


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Suite du cycle "La révolution copernicienne" :


Conférence de M. J-Marie VIGOUREUX


Mardi 19 novembre 2019 à 17h30

ESPE de Vaivre


"Sur les traces de Képler"


Johannes Kepler, une quête de l'harmonie du monde ...

… et une quête du sens … du sens de sa vie.


1571 : Entre Copernic (1473-1543) et Newton (1642-1727), naît Kepler. Tout l'oppose à son contemporain Galilée, bon vivant, d'une bonne classe sociale. Lui, Johannes Kepler est né dans une famille d'exclus, rejetés du village. Son père a vendu ses bras comme mercenaire au duc d'Albe, alors que sa famille est protestante. On dit d'eux que ce sont des « dégénérés et psychopathes qui épousent des gens de même acabit ».

Il a beaucoup d'ennemis, est querelleur, a failli être pendu. Il dit de sa mère qu'elle était petite et de mauvais caractère. Il vit avec ses oncles et tantes, à plus de 12, entassés. Son père a eu le visage éclaté par de la poudre ; une tante fut brûlée pour sorcellerie.

Très vite sa vue est brouillée : Le premier astronome moderne voit très mal !

Mais sa mère connaît les plantes qui guérissent. Elle l'emmène à 5 ans, la nuit, voir une comète. La lune est sa grande amie. En relation avec elle, il se pose des questions et développe une intelligence aiguë du monde et du vivant.

Les ducs de Wurtemberg distribuent des bourses d'étude aux jeunes protestants les plus doués et les plus méritants. Occasion inespérée de reprendre l'école, espoir de trouver une réponse à ses questions :

Qu'est-ce qui fait la différence entre les hommes ? Pourquoi certains sont-ils heureux et d'autres non? Le destin est-il tracé ? Pourquoi la souffrance ? Dieu aime-t-il tous les hommes ? Moi-même suis-je aimé de Dieu ? Est-il interdit à un berger d'étudier parce qu'il est pauvre ? Il a 10 ans.


Il reste au petit séminaire pendant 6 ans, où il est le seul pauvre. Chaque jour il comptait ses ennemis. Il a une agressivité à fleur de peau. Il est inconstant avec des '' brusques enthousiasmes qui ne durent pas '', mais curieux et imaginatif. Il est luthérien et ... découvre que Luther a dit non au Pape ! Puis c'est la fin de ses études. Son père est parti. Il va à la faculté de théologie à Tübingen. Il a grandi. C'est un jeune homme. Il est prêt à interroger les astres. Il fait l'horoscope pour toute sa famille dont lui-même et calcule qu'il « fut conçu le 16 mai 1571 à 4h37 min du matin et mis au monde le 27 décembre à 2h37 de l'après-midi après une grossesse de 224 jours 9h et 53 min ». Il veut devenir pasteur mais ses supérieurs lui barrent la route car sa liberté de penser dérange (la vérité est aussi chez Calvin et les catholiques) et il a défendu Copernic dans un débat public.

Il est nommé ''mathematicus'' à Gratz. Il a 23 ans.


Cette route de Gratz est ''sa'' route. A pied, route mystique. Son regard intérieur se transforme. Il médite.

Luther est avec lui : rien ne peut jamais nous séparer de Dieu. Et Copernic l'a conquis : l'héliocentrisme est comme une nouvelle naissance : tout est à réinventer, toute la philosophie est à reconstruire !

Ainsi, il apprend à dire oui au monde et à lui.

Il devient donc astronome, fait des horoscopes. Il se rend compte que le sens de sa vie n'est pas supérieure, mais au contraire bien inférieure, au sens de l'univers :

- Pourquoi 6 astres et non 20 ou 100?

- Pourquoi les distances et les vitesses sont-elles ce qu'elles sont ?

Il imagine 5 solides pour séparer les 6 planètes (les 5 solides de Platon), triangle, carré, pentagone...

Il publie son livre : '' le Mystère cosmique '' sur le sujet en 1596, où il va jusqu'à déterminer la date de création de l'univers, le 27 avril 4977 avant J-C. Il l'envoie à Galilée de 8 ans son aîné qui ne lui répond jamais. Il l'envoie aussi à Tycho Brahé, un despote, bon vivant, mort d'avoir trop mangé, qui a perdu son nez perdu lors d'un duel à cause d'un désaccord scientifique !

Képler reconnaît ses erreurs : « Une chienne trop pressée fait des chiens aveugles ». ll croit l'erreur comme quelque chose de positif. Et il continue à chercher l'harmonie du monde.

Il cherche alors dans la musique, avec une mélodie associée à chaque planète.

Il s'est mariée avec une double veuve Barbara Muehleck (il a fait l'horoscope de 23 femmes possibles). Son 1er fils meurt, puis sa fille 2 ans plus tard, tous deux de méningite cérébrale. Sa femme meurt 1 an après, folle.


Il part à Prague vers Tycho Brahé. Lui a 29 ans, est miséreux. Tycho Brahé, 53 ans, est immensément riche ; il grave la position des étoiles sur une sphère de cuivre qui coûte l'équivalent de 80 ans de travail de Kepler.

Chacun a besoin de l'autre : Képler est bon mathématicien, Tycho Brahé, excellent observateur, fait les mesures. On est en 1600. Tous les deux sont susceptibles et irascibles : Kepler part en claquant la porte, mais revient. Tycho Brahé demande des excuses. Kepler les lui fait. Tycho Brahé l'accueille à nouveau et lui confie l'étude de l'orbite de Mars : Kepler met 6 ans pour la résoudre : Résultats, c'est un cercle si le soleil n'est pas au centre ! En supposant que l'orbite de Mars soit un cercle de 1 m de diamètre, le soleil est décalé du centre de 9 cm. Il ne fait une erreur que de 2 min d'arc, soit une balle de tennis à 100 m. Mais les positions observées et calculées de Mars ne coïncident pas exactement … jusqu'à 8 min d'arc d'écart ! Il s'obstine, il cherche … Et il trouve : la vitesse de la planète n'est pas constante. Mais renoncer à la trajectoire circulaire ? Combien de points sont nécessaires pour définir un cercle ? Trois. Mais combien pour d'autres courbes inconnues ? Il fait 80 essais pour d'autres courbes. Il fait 70 fois des calculs de 700 pages, et la réponse s'impose : la trajectoire est une ellipse. C'est impensable! Il s'y plie de mauvais gré en s'excusant : j'ai jeté « une charretée de fumier dans le système du monde ».


Il écrit alors '' La Physique Céleste '' un titre révolutionnaire car physis en grec signifie « nature, ce qui évolue » alors que le ciel a toujours été considéré immuable. Je fais un livre sur ''la nature du surnaturel'' : les deux mondes, terrestre et céleste, sont liés. C'est la réforme complète de l'astronomie. Il faut trouver un lien entre les trajectoires de toutes ces planètes, leurs durées de révolution et leur distance au soleil, trouver une cohérence : '' puissions-nous voir le jour où les deux séries de chiffres s'accordent !'' La loi des aires établie pour Mars, Kepler est convaincu qu'elle est valable pour toutes les planètes : la vitesse d'une planète (sur sa trajectoire elliptique autour du soleil qui en est un foyer) est d'autant plus grande qu'elle est plus rapprochée du soleil (a3/T2 = constante). Le carré, le cube, ce n'est pas ce qui est fondamental ... En trouvant les lois des planètes, Kepler s'est trouvé lui-même. Il accepte ces lois sans en comprendre le sens : « Au-delà des déchirements, la vie et le monde ont un sens »


Son 3ème enfant meurt, puis sa femme. Prague est en feu. Avec ses 2 enfants de 4 et 6 ans, il part à Linsk. Il est excommunié, il vit à l'extérieur de la ville, sans travail, affamé. A Leonberg sa mère est accusée de sorcellerie. 38 femmes sont brûlées près de Weil der Stadt, sa ville natale. Il se bat pendant 4 ans pour elle. Elle meurt en sortant du cachot. C'est la défenestration de Prague qui mène au début de la guerre de 30 ans

Kepler est libéré. Détendu, à 41 ans, il épouse Suzanne, 24 ans, sans horoscope, sans se préoccuper des commérages.

Il écrit '' Les Cinq Livres de l'harmonie du monde ''. Il erre en Europe : Ulm, Sagan ...

Son dernier livre, '' le songe lunaire '' raconte ses découvertes et sa vie. Sa fille Suzanne disparaît, il repart, la recherche sur les routes, se rend à Ratisbonne, malheureux parmi les pauvres malheureux qui fuient la guerre de 100 ans.

Le15 novembre 1630, il meurt. « Il ne parlait pas, dit-on, mais de l'index, montrait tantôt sa tête, tantôt le ciel».


Ainsi vécut Kepler, homme exceptionnel et authentique chercheur, sans relâche à la recherche de ''l'harmonie du monde''. Ni Galilée, ni Newton ne reconnaîtront jamais la place exceptionnelle qui est la sienne, géant parmi les astronomes, géant parmi les hommes.


M-Clare GOTTARDI


PS : Vous pouvez retrouver la narration de la vie et des découvertes de Kepler dans l'ouvrage ''les pommes de Newton" de J-Marie Vigoureux.


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Vous y étiez :


COMPTE-RENDU DE LA CONFÉRENCE de Jean-Marie Vigoureux


donnée le mardi 30 avril 2019

à l'ESPE Vesoul


pour la section AMOPA

de Haute-Saône


''Des étoiles à la vie''





« L'explosion d'une étoile a pour effet d'éjecter dans l'univers, en un nuage énorme, la matière qu'elle a synthétisée lors de ses combustions nucléaires successives. C'est l'histoire de cette matière lancée dans l'espace que je me propose de conter »

Jean-Marie Vigoureux

    

Quatre-vingts auditeurs sont présents pour cette deuxième conférence scientifique donnée par Monsieur Jean-Marie Vigoureux, en cette douce fin d'après-midi printanier.

Monsieur Dautriche accueille avec satisfaction le public nombreux et le remercie chaleureusement, ainsi que Monsieur Vigoureux, de répondre favorablement à ce rendez-vous, qui deviendra semestriel. Il remercie l'ESPE de nous accueillir dans ses locaux. Et le voyage sur le chemin de la vie post Big Bang commence …


Quelques minutes après le Big Bang, il n'y a dans l'univers que des noyaux d'hydrogène.

M. Vigoureux indique que pour comprendre l'évolution stellaire, deux choses sont à savoir :

1/ les masses s'attirent et d'autant plus fortement qu'elles sont fortes.

2/ plus un gaz est comprimé, plus il s'échauffe.

Il conte alors comment des grumeaux se forment, devenant de plus en plus massifs et chauds, passant de -270 degrés à 10 millions de degrés. Les poussières d'hydrogène fusionnent et forment des noyaux d'hélium en émettant de l'énergie : c'est la fusion thermonucléaire. Le globule noir invisible explose et devient brillant : c'est une étoile, comme notre soleil, dont le cœur est à 18 millions de degrés. L'hélium est très stable et pourtant l'évolution ne s'arrête pas là !

D'autres contractions, échauffements et à 200 millions de degrés, le carbone est fabriqué, indispensable à la vie, puis l'azote, le calcium, le magnésium et le fer. Après une première évolution, gravitationnelle, suit une deuxième évolution, chimique, avec l'intervention des charges électriques. Les noyaux, positifs, piègent des électrons, négatifs. Il se forme alors des atomes, 92 sortes d'atomes dont 13 sortes seulement suffisent pour former 99,8 % de l'univers. La synthèse de tous les éléments naturels terminée, l'étoile devient une géante rouge ou s'effondre et explose en supernova. Il en reste une nébuleuse, faite de tous les éléments synthétisés dans le cœur de l'étoile, avec parfois en plus, en son centre, un pulsar ou une naine blanche ou un trou noir. Mais ces atomes sont neutres. L'évolution s'arrêtera-t-elle donc là ?

Non ! La nature trouve une petite piste ! Le hasard des rencontres ! Même dans le vide interstellaire, sur des milliards d'années, ces rencontres permettent la formation de molécules : eau (H2O), ammoniac (NH3), méthane (CH4). Mais des rayonnements permanents, ultra-violets, rayons X, rayons cosmiques cassent ces molécules et les transforment en ions. Nouvel obstacle à l'évolution... Et pourtant ! Sur des poussières cosmiques intersidérales, des molécules d'eau se font piéger et cette glace protège des rayons ionisants. La survie reste difficile. Ces molécules rêvent d'un univers plus chaud … que les -270 °C du vide intersidéral, pour s'agiter plus et faire des rencontres. Il faudrait qu'il y ait dans l'univers un coin plus peuplé et à l'abri du danger des rayonnements. …



M. Vigoureux sait expliquer que ce coin existe! Juste près d'une étoile, ni trop près ni trop loin ! Là, près du soleil, il y a 4,6 milliards d'années, il y a ces grumeaux qui vont donner les planètes. C'est l'aube de l'évolution biologique. La terre est en fusion, la lune est toute proche, il y a des météorites, des corps radioactifs, de l'eau dans la lave, piégée sous forme de vapeur. L'atmosphère est faite de méthane, ammoniac, eau et dioxyde de carbone, mais pas de dioxygène. L'ionosphère est protectrice. Mais l'eau ne peut pas être sur le sol. Elle est en altitude.

Malgré les orages en altitude, l'eau qui tombe n'atteint pas le sol car il est à 500 °C : l'orage remonte! Mais au fil du temps, le sol se refroidit et la pluie finit par l'atteindre. Il pleut alors toute l'eau des océans, un volume énorme ! De planète rouge en fusion, la terre devient la planète bleue. De l'océan jaillissent les continents. Avec l'eau, toutes les conditions sont réunies pour permettre l'évolution : abri des rayonnements, température optimale, propriétés exceptionnelles de l'eau. La vie est dans les océans sous forme d'algues minuscules...

M. Vigoureux cite l'expérience de Miller et Urey reconstituant la manière dont a pu se faire la synthèse de nouvelles molécules organiques : graisses, sucres, alcools ou acides aminés. Chacune a son rôle dans la structure des êtres vivants, comme le maçon, l'ouvrier ou le maître d'oeuvre dans le bâtiment. Mais sucres et alcools s'usent : c'est la première crise de l'énergie. L'évolution s'arrêtera-t-elle là ?

Non ! Ces petites algues vont trouver le moyen d'aller chercher l'énergie dans le soleil grâce au dioxyde de carbone CO2. Elles rejettent du gaz oxygène O2. Ainsi l'oxygène est dans l'atmosphère. C'est la photosynthèse. L'évolution biologique se poursuit : cytochrome C, molécule de 3000 atomes, qui capture l'oxygène et l'introduit dans l'organisme ; ADN humain, macromolécule hélicoïdale de 100 milliards d'atomes, qui déroulé, serait long de 2,36 m ; être humain avec ses 1027 atomes (1 milliard de milliard de milliards d'atomes), empreinte de pas d'un l'homme, il y a 3,6 millions d'années, conservée dans la cendre volcanique découverte en Tanzanie. Ces hommes qui migreront vers le nord ...

A travers son récit, Mr Vigoureux a bien su montrer comment la vie était issue, dans le cosmos, d'une série d'obstacles permanents, franchis les uns après les autres et comment son évolution cosmique a nécessité plusieurs générations d'étoiles, une série de conditions réunies, de celles des physiciens à celles des biologistes en passant par celles des chimistes et ...15 milliards d'années !


La prochaine conférence est prévue en octobre. Elle nous mènera sur les pas de l'astronome Képler...


Marie-Claire GOTTARDI


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COMPTE-RENDU DE LA CONFÉRENCE

de Jean-Marie Vigoureux


le 9 octobre 2018 à l'ESPE Vesoul


''Aux sources de notre culture,

des premières représentations du monde

à la révolution copernicienne''



  


        Une première conférence … 

sur les chemins de la science


Révolution des planètes,

Révolution des idées,

C'est aussi la position centrale de l'homme qui est remise en question






Fin d'après-midi automnale douce et ensoleillée à l'ESPE (Ecole Supérieure du Professorat et de l'Education) de Vesoul, proche du lac de Vaivre et Montoille, ce mardi 9 octobre 2018.


Tout est prêt : fléchage efficace, grand parking, bel amphithéâtre en rez-de chaussée ...

Il subsiste un peu de fébrilité chez les organisateurs : le public sera-t-il au rendez-vous de cette première conférence de Jean-Marie Vigoureux demandée par l'AMOPA 70 ?


C’est un projet que le Comité Consultatif a depuis deux ans : offrir et promouvoir des conférences culturelles scientifiques. Proposer à chacun, scientifique ou non, de se laisser embarquer à la découverte des sciences, trop souvent hélas, considérées, à tort, comme étant réservées à des initiés. Pour atteindre cet objectif, le Comité Consultatif a fait appel au professeur Jean-Marie Vigoureux, conférencier et vulgarisateur hors pair, qui sait faire profiter son auditoire de sa haute compétence et de ses qualités de pédagogue. Mr Vigoureux a aimablement accepté notre invitation et ce projet trouve ainsi sa concrétisation dans cette première proposition de conférence : ‘‘Aux sources de notre culture, des premières représentations du monde à la révolution Copernicienne’’.

Si le succès est au rendez-vous, cette rencontre avec M. Vigoureux et les sciences sera suivie de plusieurs autres rencontres ...


Il est 17 h30, joie partagée, nous sommes une soixantaine d'auditeurs environ, amopaliens, sympathisants ou simplement personnes intéressées car la conférence est ouverte à tous.



Le président Christian Dautriche accueille le public, avec soulagement et bonheur et le remercie de sa présence. Il remercie également l'ESPE d'avoir permis l'organisation de cette conférence dans ses locaux. IL accueille ensuite et remercie chaleureusement Monsieur Jean-Marie Vigoureux d'avoir accepté l'invitation de l'AMOPA 70. Mme Gottardi présente succinctement le conférencier, ses travaux, ses conférences et ses ouvrages. Puis parole est donnée à Monsieur Vigoureux ...


Présentation du conférencier



Jean-Marie Vigoureux est professeur émérite à l’Université de Franche-Comté. Ses recherches portent essentiellement sur les interactions entre matière et lumière à très petite échelle et sur la théorie de la relativité. Il a dirigé jusqu’à janvier 2007 l’équipe «structures nanoscopiques, interfaces et phénomènes de transport ». Il fait actuellement partie de l'équipe PhAs (Physique théorique & Astrophysique) de l'Institut UTINAM (Univers,Temps-fréquence, Interfaces, Nanostructures, Atmosphère et environnement, Molécules), unité de recherche pluridisciplinaire placée sous la tutelle conjointe du CNRS et de l’Université de Franche-Comté.


Outre la recherche, Jean-Marie Vigoureux consacre une part importante de ses activités à la diffusion de la culture scientifique et technique par des cours grand public et de nombreuses conférences qui abordent autant l’histoire de la pensée scientifique que des sujets d’actualité .

Il a publié 4 livres destinés à un public curieux mais non spécialiste dans lesquels il présente la pensée scientifique dans son contexte historique en s’appuyant sur le cheminement des personnes qui l’ont portée :

« Les pommes de Newton » (Albin Michel 2003),

« La quête d’Einstein » (Ellipses 2005) ;

« L’Univers en perspective » (Ellipses 2006)

« La Science et le veau d’or » (Les Chemins de terre. les.chemins.de.terre.@free.fr)


La conférence

Elle nous plonge tout d'abord dans les représentations du monde qu'ont eues successivement les peuples babylonien, égyptien et hébreu, dont nous héritons et qui révèlent de manière symbolique leurs espérances et leurs angoisses. Quand maintenant, nous parlons de la pluie et du beau temps, c'est que nous n'avons rien d'important à dire. Pour ces peuples, c'était parler de ce qui est l'essentiel : la rosée, la pluie nourricière, ce qui vient du ciel, là où sont dieux et déesses, parler de là où est la vie. Avez-vous remarqué la similitude de représentation d'un homme et d'une étoile ?      


Aussi les Anciens scrutent-ils le ciel assidûment ! L'astronomie, indissociable de l'astrologie, se développe et atteint une précision surprenante. Le firmament est une voûte solide qui abrite les astres lumineux, fixes ou errants, étoiles et planètes. En-dessous de cette voûte , la terre est une île entourée d'eau. Sous elle, existe un tunnel qui permet au soleil, chaque nuit, après son coucher, de le traverser et revenir se lever de l'autre côté.

Mr Vigoureux explique en détail la symbolique, très différente, de ces trois univers.


Celle de l'univers hébraïque se distingue des précédentes par la forme carrée de la terre et la conscience de l'immensité du cosmos.

Mr Vigoureux explique comment l'évolution de ces représentations révèle de manière imagée une croyance, une découverte ou une nouvelle question des hommes...


Ci-contre

illustration extraite

de l'ouvrage

''les pommes de Newton''


J-M Vigoureux.



Puis c'est l'héritage grec avec sa question fondamentale : Pourquoi sur la terre les objets tombent-ils, sans vitesse initiale, en ligne droite alors que dans le ciel les étoiles ne tombent pas et se déplacent sur des cercles ? On cherche alors à expliquer le monde sans se référer aux dieux, comme Thalès en géomètre ou comme Pythagore pour lequel tout est nombre.

Ensuite, avec le développement du christianisme, s'ajoute le symbole de la croix comme lien entre la terre et le ciel, le divin et l'humain, le carré et le cercle. Pensons au plan des églises, au jeu de marelle ou à l'homme de Vitruve ! C'est dans ce contexte dualiste du Moyen-Âge que timidement se développe une connaissance scientifique. Trois ''géants'' comme dira Newton, remettent en doute leurs propres certitudes et émettent des hypothèses à l'encontre de l'enseignement traditionnel. Il s'agit de Copernic, Képler et Galilée.

Le mot ''révolution '' prend alors tout son sens, un double sens ! Révolution des planètes autour du soleil ! Révolution des idées …


Né en Pologne en 1473, orphelin à 12 ans, Copernic, timide et solitaire est un personnage attachant. Il exerce gratuitement la médecine et il est chanoine quand il s'intéresse à l'astronomie. Il connaît les textes anciens dont certains déjà placent le soleil au centre de l'univers. Ce système héliocentrique s'impose à lui car la description du mouvement des planètes dans le ciel sera tellement plus aisé ! Mais bien qu'encouragé par le pape , il garde son manuscrit sans le publier pendant près de 30 ans et annonce sa découverte comme simple hypothèse mathématique, sans nécessité d'être vraie...

Après avoir été ouverte à ce nouveau modèle, contrairement à l'Eglise Réformée, l'Eglise Catholique s'y oppose avec violence. En 1600, Giordano Bruno est brûlé vif à Rome, en 1633, Galilée se rétracte devant l'Inquisition. Avec cette représentation héliocentrique de l'univers, ce n'est pas seulement l'Eglise qui est en passe de perdre son statut d'unique passage entre la terre et le ciel et ainsi de perdre son pouvoir, ce sont toutes les activités humaines et la société elle-même qui sont bouleversées. Monsieur Vigoureux montre, avec maints exemples, combien cette dimension ''verticale'' du géocentrisme impacte les activités humaines, de l'architecture à l'élaboration des repas ou l'exercice de la justice, en passant par la hiérarchie dans l'échelle sociale ! Avec des repères classiques modifiés, l'héliocentrisme est un redoutable danger. Avec la terre chassée du ''centre du monde'', l'homme aussi perd sa position centrale, rassurante ...

''Le silence éternel de ces espace infinis m'effraie'' Blaise Pascal

La conférence se termine ainsi sur ces bouleversements engendrés par la révolution copernicienne, révolution des astres, révolution culturelle et spirituelle ...


Monsieur Vigoureux reçoit des applaudissements soutenus de l'auditoire. Il s'ensuit un temps d'échange et de questions, riche de multiples interventions, avant une petite séance de dédicace.


Le thème de cette conférence est traité dans la première partie de l'ouvrage ''les pommes de Newton''.



Vu l'intérêt suscité par cette conférence et la satisfaction des auditeurs et du conférencier, d'autres conférences vont suivre, au rythme de deux par année. Ainsi, fin mars ou avril, continuerons-nous notre chemin de découverte, sur les traces de Képler ou bien avec le trio soleil-lune-terre lui-même !


Marie-Claire GOTTARDI


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